A l’heure ou sort l’ouvrage de R.M. Jennar pour questionner l’Europe et sa possible "fédéralité" sous le titre "Quelle Europe après le non ?", la polémique est passablement étouffée et tout est mis en œuvre pour faire passer à la fois "en force et en douce" cette Constitution qui a été rejetée sous sa forme actuelle. Elle va nous être imposée de façon déguisée avec la complicité de parlementaires et d’intellectuels incapables de sortir de leur logique d’appareil ou de castes. Des parlementaires qui prétendent légitime l’injonction de l’establishment d’imposer sa loi à l’Europe, après avoir usé et abusé de sa main-mise sur les USA dans sa course à l’hégémonie. Cette usurpation est définitivement sans valeur et le restera tant qu’une véritable Constitution rédigée par une Assemblée Constituante dûment élue au Suffrage Universel, ne sera pas validée.
Nous avons défendue cette position la Présidentielle française de 2007, avec en toile de fond la nécessité inéluctable d’instaurer dans les plus brefs délais, un régime linguistique commun et neutre par l’usage officiel de l’esperanto en Europe, servant dès lors de langue de référence sur le plan du droit international. Ceci pour permettre à la fois l’équité culturelle et économique, et la participation libre et constructive de tous les citoyens en réduisant au maximum les discriminations inhérentes aux privilèges linguistiques, dont l’héritage est incompatible avec une perspective de coopération. Il faut effectivement faire face à un état de crise écologique avérée, comme symptôme majeur de l’incohérence de la prédation systémique toujours en vigueur. C'est pourquoi l’équilibre géostratégique tient dans cette analyse une place centrale qu’il convient d’élucider sans faux-semblants.
Car avant même les mobilisations visibles voire opportunistes en faveur de l’environnement, c’est forcément l’ensemble du système de gouvernance actuelle qui est en question. C’est la condition pour dépasser un cap fatidique avec l’espoir d’assumer ce défi civilisationnel inédit dans l’histoire connue. Ainsi il faudra non seulement instituer cette fonction communicative généralisée sur la base de la réciprocité, mais s’en servir de modèle politique pour réintégrer en priorité la sphère financière dans l’ordre public, puis l’ensemble des autres pouvoirs de décision au service de la société civile. A savoir tout ce qui concerne les connaissances et les techniques, les sciences et les savoir-faire, pour les mettre à disposition de tous. La gestion de l’économie et de l’écologie sera nécessairement une harmonisation du planétaire et du local dans un contexte de concertation, comme condition évidente à la Paix !
Mais ce n’est pas à une vision angélique que nous pouvons succomber sachant que le désastre actuel n’est pas le fruit d’un hasard malheureux mais bien le fait d’une volonté de domination ethnocentrique, stérilisée par un désir de possession du monde, de ses richesses matérielles ou cognitives. C’est conscient de cette réalité que nous serons en mesure de modifier la perspective qui nous a conduits collectivement dans l’impasse. L’objectif étant de produire une critique éclairée de cette illusion historique et de reprendre les libertés indispensables pour maîtriser les risques d’une tangence fatale. R.M. Jennar apporte ainsi sa pierre à l’édifice sur cette question de l’Europe en particulier, ou de celle de notre avenir commun en général. Soyons à l’écoute des peuples en restant lucides sur les rapports de force qui s’imposent, et confiants dans l’épreuve !
Christian Garino, Président d’honneur d’Europe – Liberté
Chambéry, Octobre 2007
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