Paix, langues et cultures
Nous abordons le troisième millénaire après des siècles de guerres maladives et savons sans la paix, notre avenir menacé, avec certitude. La promesse d’espoir de la SDN puis de l’ONU reste une hypothèse incertaine si la conciliation des peuples ne trouve enfin son propre accord planétaire. Cette aspiration vitale a pour fondement symbolique, le respect mutuel des identités culturelles selon le principe de réciprocité, terme indispensable à l’harmonisation de nos différences.
Pour avancer dans cette direction, celle de l’unité face à la division, chacun, individuellement et collectivement, doit dans le même temps renoncer à s’imposer aux autres et adopter le partage d’une valeur commune concrète. La pierre d’angle acceptable par tous et capable de fonder ce devenir solidaire et salutaire, consiste à disposer d’une langue commune neutre qui fédéralise les énergies et les échanges, selon la formule : "chacun sa langue une langue pour tous".
Ce sacrifice politique volontaire est la condition logique et primordiale pour développer enfin les liens d’amitié culturelle et la coopération économique, retrouvant notre dignité en reconnaissant celle des autres. Par sa nature et sa fonction, l’Esperanto relève aujourd’hui le défi de la démocratie européenne et mondiale. Le cadre du TCE permet lui, d’envisager une perspective constitutionnelle, pour donner enfin à la paix sa fondation et son horizon. Car cette revendication inédite devient à l’évidence la seule issue possible à l’urgence absolue dont nous sommes tous responsables.
A Bourg-Saint-Maurice, le 24 mars 2007 - Kristian GARINO
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